Le 31 août 2011
« Tous étaient égaux, mais certains l'étaient plus que d'autres » (in « La ferme des animaux », de George ORWELL ; 1945)
Madame, Monsieur le Maire,
Nous vous prions de bien vouloir trouver ci-après le nouveau numéro de la Lettre aux Elus que nous avons jugé opportun de consacrer à la montée de la christianophobie en France.
En avril dernier, en Avignon, à grand renfort de publicité et avec de substantiels concours financiers tant publics que privés, s'est tenue l'exposition « je crois aux miracles » dont « le clou » était « Piss Christ »1, photo d'un crucifix plongé dans l'urine de « l'artiste » ; l'exposition de cette photo ignominieuse prise en 1987 avait pourtant été interdite tant aux Etats-Unis et au Canada, qu'en Australie, en raison de l'indignation qu'elle avait suscitée.
Toujours dans « la cité des papes », était dernièrement joué un spectacle intitulé « Opéra-Théâtre », où l'on pouvait, entre autres, voir des enfants lancer des grenades factices sur une photo géante du Christ.
Tout récemment, a été reconduit à Clisson (Loire Atlantique), malgré des milliers de protestations, le « festival Hellfest » (« la fête de l'enfer », en français), dont la spécialité est la vocifération de haine anti-chrétienne. Comble d'ignominie, cette « fête de l'enfer » sévit sur les lieux même, où, le 24 janvier 1794, les célèbres « colonnes infernales » de TURREAU ont achevé l'extermination de la population de cette commune, dont les habitants voulaient demeurer fidèles à leur foi catholique...
Dans la même veine, est programmé en décembre prochain à Paris, dans le cadre du « Festival d'automne », « Golgota picnic », aussi obscène qu'odieux à l'égard des chrétiens et bénéficiant, là encore, de généreuses dotations tant publiques que privées...
Ces quelques exemples - il y en aurait tellement d'autres à citer - sont particulièrement emblématiques de la malveillance, voire de l'hostilité ou de la haine qui vont crescendo en France à l'égard de la religion chrétienne ; attitude que l'on observe également dans une large partie du monde des médias, de la publicité et du spectacle.
On le constate en outre par la montée en flèche des profanations ou dégradations de sépultures comme de lieux de culte chrétiens.
Ainsi, en 2007, 92,1% des lieux de culte profanés étaient des lieux de culte chrétiens ; en 2008, 94,4 % et 95,6% en 20092...
Et, ceci, dans l'indifférence à peu près totale des pouvoirs publics. En revanche, vous avez pu observer que dans les cas, infiniment plus rares, d'actes de malveillance dirigés contre les communautés juives ou musulmanes, les plus hautes personnalités de l'Etat n'hésitent pas à se déplacer sur les lieux et à faire solennellement part de leur émotion ainsi que des mesures énergiques qui suivront.
Il y a donc inégalité manifeste de traitement dont est victime la religion catholique, qui demeure encore la religion dont se réclament le plus grand nombre de Français et qui - il faut le souligner - a façonné l'identité de notre pays, comme l'on rappelé récemment tant le Chef de l'Etat que le Premier ministre...
A la lumière de ce qui précède, la « Lettre aux Elus », a considéré de son devoir de vous alerter. Le premier magistrat de la cité est non seulement le garant de l'ordre public et le gestionnaire des ressources communales mais il est également, dans les communes où cela est possible, le maître d'oeuvre de l'action culturelle.
Il lui incombe par conséquent de veiller, dans le cadre des pouvoirs dont il est investi, à ce que sa commune ne soit pas le théâtre de spectacles ou de manifestations qui incitent à la haine des chrétiens et vident de tout sens le concept à la mode de « laïcité ouverte, apaisée, positive »...
Nous vous souhaitons une bonne lecture de cette lettre et vous remercions par avance de nous faire part de vos commentaires sur le site prévu à cet effet.
François BURLE
1 « Le Christ dans la pisse ».
2 Source : Ministère de l'Intérieur.
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| CHRISTIANOPHOBIE EN FRANCE |
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« J'ai bon dos : je suis la cause de tous les malheurs, j'ai l'habitude, je suis catholique » (in « Roman français » de Frédéric
BEIGBEDER ; Grasset, 2009)
« Comportez-vous en hommes libres, non certes en hommes qui font de la liberté un voile jeté sur leur malice, mais en serviteurs
de Dieu » (Epître de saint Pierre I.2.11-19) |
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| I - INTRODUCTION |
Le sort des chrétiens de France ne peut être - pour l'instant - comparé à celui des chrétiens d'Orient dont certaines communautés ont récemment été victimes d'effroyables carnages tant à Bagdad3, qu'à Alexandrie (Egypte)4, suivis par l'assassinat, le 2 mars dernier, de Shahbaz BHATTI, seul ministre chrétien du gouvernement pakistanais. Et ce ne sont là que quelques menus exemples.
C'est ce déchaînement de violences qui a amené par exemple l'hebdomadaire « Le Point » - peu suspect de christianophilie excessive - à présenter son numéro du 6 janvier dernier sous le titre « La chasse aux chrétiens5». Et pourtant... tant au Proche et Moyen Orient que dans une large partie de l'Afrique du Nord, avant l'invasion musulmane au VIIème siècle, le christianisme avait été la principale religion, pour ne pas dire l'unique religion ...
Quant à « L'Express », sous la plume de Christophe BARBIER, directeur de la rédaction, on pouvait notamment lire dans son éditorial du numéro du 4 janvier dernier que « Dans l'Orient proche ou lointain, comme en maints endroits de ce que l'on appelle le « Sud », les chrétiens sont rejetés, oppressés, persécutés. Carnages en Irak ou terreur en Egypte prouvent que le martyre est, deux mille ans après les lions du cirque romain, toujours au bout de la foi pour de nombreux croyants. Un silence de sépulchre accompagne cette oppression rampante et le christianisme (...) n'a guère droit, quand il est le credo des suppliciés, à la compassion des bonnes âmes ou à l'indignation des droits-de-l'hommistes ».
Si le sang de catholiques ne coule plus en France, le mépris, pour ne pas dire l'hostilité et la haine à leur égard vont crescendo dans notre pays considéré pourtant jadis comme « la fille aînée de l'Eglise ».
Dans l'éditorial précité, Christophe BARBIER constatait à son tour, s'agissant de la situation des chrétiens dans notre pays, que « (.....) tous peuvent se moquer d'eux à qui mieux mieux, jusqu'à l'injure, sans que les censeurs lèvent le sourcil, tandis qu'au moindre trait contre une autre religion, on est frappé d'infamie. (...) il se développe notamment en France, une nouvelle barbarie, qui s'attache à renier l'héritage judéo-chrétien, socle de notre civilisation ».
En témoigne une attitude anti-chrétienne extrêmement répandue dans le monde des médias, de la publicité et celui du spectacle. Celle-ci imprègne nombre d'orientations prises par les pouvoirs publics : récente loi sur l'extension du travail dominical ; contenu de certains enseignements arrêté par le ministère de l'Education nationale, asphyxie de l'enseignement réellement catholique ; il peut s'agir également de petits gestes comme la nomination à la tête de « France Inter », en mai 2009, de Philippe VAL, jusque là directeur de « Charlie Hebdo » dont le fonds de commerce est la scatologie et la haine grossière de tout ce qui est chrétien...
Avec une telle mise en condition des esprits, favorisée par l'entreprise de déculturation à l'oeuvre à l'Education nationale6, comment s'étonner de manifestations portant au paroxysme l'expression de cet anti-christianisme ambiant : exposition de « Piss Christ » (c'est-à-dire « le Christ dans la pisse »), puis le spectacle « Opéra Théâtre », en Avignon, « Hellfest », (c'est-à-dire « la fête de l'enfer ») à Clisson, « Golgota picnic » en décembre prochain, à Paris7 etc... etc...
Quant aux profanations de lieux de culte et de tombes chrétiennes, en augmentation constante, elle laisse généralement de marbre nos dirigeants qui font assaut de sollicitude auprès des représentants des deux autres religions monothéistes dans les cas infiniment plus rares où cellesci en sont victimes8.
Rappelons également le rôle majeur joué par la France pour que la mention des origines chrétiennes de l'Europe ne figure pas dans le projet de Constitution de l'U.E., alors que cette mention était exigée par de nombreux autres Etats-membres.
A la lumière de ce qui précède, on admettra que parler d'un climat de christianophobie en France n'est pas un abus de langage.
3 Attentat contre la cathédrale de Bagdad, le 31/10/10.
4 Attentat contre une église d'Alexandrie, à la sortie de la messe de nouvel an, le 31/12/10.
5 Alexandre DEL VALLE analyse en détails cette situation dans le chapitre 12 de son ouvrage intitulé «Pourquoi on tue des chrétiens dans le monde. La nouvelle
christianophobie» ; édit. Maxima, 2011.
6 Se reporter à la bibliographie pertinente contenue dans «La Lettre aux Elu(e)s» n° 6 du 14/10/10 sur l'enseignement de l'Histoire.
7 Au théâtre du Rond-point, dans le cadre prestigieux du «Festival d'automne».
8 Pour la seule année 2010, le Ministère de l'Intérieur a recensé 495 profanations de lieux de culte ou de cimetières en France, dont 430 concernaient des
lieux ou des symboles chrétiens. A qui fera-t-on croire que la promotion de groupes satanistes, comme à « la fête de l'enfer »à Clisson, n'est pas de nature
à encourager ces actes odieux ?
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| II - ACCUSATIONS RECURRENTES LANCEES CONTRE L'EGLISE OU
VARIATIONS SUR UN LEITMOTIV CONNU... |
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« Les déviances de religieux sont une honte. L'Eglise qui les a révélées, ne cesse de s'en excuser. Le temps n'est plus où « Le Monde » pouvait publier en 1977, une pétition d'intellectuels conduits par Jean-Paul SARTRE et Simone de Beauvoir, pour la libération de trois pédophiles. Daniel COHN BENDIT pouvait raconter sans fard, en 1975, sa participation à l'éveil sexuel des enfants, avec les encouragements de « Libération » (...) »
(Ivan RIOUFOL, « Le Figaro » du 2/4/10)
Alors qu'elle a mis fin à une société antique dont l'économie toute entière reposait sur l'esclavage, alors qu'elle a promu la femme9 et qu'elle a favorisé non seulement tous les arts mais également la science - comme le démontre, parmi tant d'autres, l'Américain Rodney STARK, professeur de sociologie à la Baylor University, dans son ouvrage intitulé « Le triomphe de la raison. Pourquoi la réussite du modèle occidental est le fruit du christianisme » 10 - l'Eglise est depuis la Révolution de 1789, à part de rares répits, clouée au banc des accusés11.
Le Moyen-Age est, depuis « Les Lumières », présenté comme « l'âge noir de l'humanité » avec la sempiternelle litanie de fléaux imputés à l'Eglise et à la société médiévale : droit de cuissage, grande peur de l'an mil, atrocités de la lutte contre le catharisme, des croisades, de l'Inquisition ; procès Galilée etc...
La plupart de ces accusations destinées à provoquer la répulsion du christianisme ne résistent pas à l'examen impartial des sources historiographiques, comme cela a été mis en relief par des historiens de renom comme Jean GUIRAUD12, Pierre CHAUNU, Régine PERNOUD13, Jacques HEERS14 et Jean DUMONT15, pour ne citer que quelques noms.
Comme l'avait été avant lui son prédécesseur Jean-Paul II, le pape Benoît XVI a fait l'objet d'attaques d'une violence inouïe à propos du rappel des règles touchant à la morale sexuelle que se doivent de respecter ceux qui se réclament du catholicisme. Certains n'ont pas hésité à demander qu'il soit poursuivi devant un tribunal en raison du crime prétendument commis en proscrivant l'usage du préservatif, dont le port serait censé éviter la mort d'innombrables êtres humains dans le monde16.
Plus récemment, les cas de pédophilie dont des prêtres se sont rendus coupables ont durement ébranlé l'Eglise : de nombreux cas certes - et n'y en aurait-il eu qu'un seul, il n'en aurait pas moins eu un caractère abominable - mais insignifiants par rapport au nombre de prêtres dans le monde dont le comportement est irréprochable, d'une part, ainsi qu'au nombre de cas de pédophilie enregistrés par la police, commis par des individus qui n'ont aucun lien avec l'Eglise, d'autre part.
Cependant, parmi les chefs d'accusation brandis pour que l'Eglise soit à tout jamais marquée du sceau de l'infamie, l'accusation du « silence étourdissant » du Pape Pie XII sur le sort des Juifs pendant la 2ème guerre mondiale constitue la pièce maîtresse qui permet notamment de museler l'épiscopat.
» Pour en savoir plus….
9 V. l'ouvrage de Régine PERNOUD « La femme au temps des cathédrâles » ; Stock, 1981, ainsi que celui d'Anne-Marie PELLETIER, « Le christianisme et les femmes ».
10 Presse de la renaissance, 2007.
11 Il n'est peut être pas inutile de rappeler que c'est l'Inquisition qui a instauré le droit à la défense d'un accusé.
12 Notamment auteur de « Histoire partiale, Histoire vraie », 1910.
13 V. notamment ses ouvrages « Pour en finir avec le Moyen-Age » et « La femme au temps des cathédrales » cité supra.
14 V. notamment ses ouvrages « Le Moyen-Age, une imposture » ; Perrin, 1992 et « L'histoire assassinée », 2006.
15 de « L'Eglise au risque de l'Histoire » ; préface de Pierre CHAUNU ; édit. de Paris, 2002.
16 Les résultats d'études récentes confirment qu'en réalité le préservatif n'offre aucune garantie absolue de protection contre la contamination par le sida. |
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| III - QUELQUES MANIFESTATIONS SIGNIFICATIVES DE CHRISTIANOPHOBIE |
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| III.1 - L'attitude hostile aux chrétiens d'une grande partie du monde des médias, de la
publicité et du spectacle. |
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« La base, le métier de TF1, c'est d'aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit (....). Or, pour qu'un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c'est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible »17.
Alors que l'islam et le judaïsme n'en sont jamais victimes, jour après jour les chrétiens et tout particulièrement les catholiques, ont la douleur de constater que leur religion est tournée en dérision ou carrément traînée dans la boue, que ce soit au cinéma, à la télévision, à la radio, dans la publicité ou la presse écrite, par des bouffons royalement rémunérés dont l'inculture, notamment religieuse, n'a d'égale que la lâcheté et la vulgarité.
Ainsi, durant l'été 2009, alors qu'il vient juste de devenir propriétaire de l'hebdomadaire « Inrockuptibles », Matthieu PIGASSE, directeur général délégué de la banque Lazard France, fixe à la rédaction de ce magazine l'objectif d'« être encore plus subversive ». Tout un programme... Contre qui et contre quoi est-il politiquement correct et sans danger aucun d'exercer cette subversion ?
Ainsi, en 2010, les médias instruisent un procès inique contre l'Eglise et en particulier contre le Pape, sur le double sujet du révisionnisme et de la pédophilie18. Cela donne alors lieu à un déchaînement de haine et d'abjection : dans un numéro du magazine hebdomadaire du « Monde » - dont M. PIGASSE est également devenu, depuis novembre 2010, actionnaire majoritaire19 - le caricaturiste PLANTU représente de manière extrêmement réaliste le Pape Benoît XVI en train de sodomiser un garçon !
A la pointe des attaques, on retrouva évidemment « Libération », quotidien qui avait pourtant publié en mai 1977 un plaidoyer en faveur du « Front de libération des pédophiles » !!
Par ailleurs, la journaliste Elisabeth LEVY a souligné les contradictions du discours dominant sur toutes les ondes en faisant remarquer qu'« il est paradoxal de célébrer la diversité en toute chose sauf dans le domaine des idées » et que « notre société qui adore la transgression passe son temps à traquer les dérapages, terme indiquant clairement que certains points de vue sont autorisés et d'autres pas »20.
En particulier les points de vue des rares prélats osant braver la police de la pensée. Mgr CATTENOZ, archevêque d'Avignon en a encore fait l'expérience : c'est vraisemblablement son franc-parler qui lui a valu un article de facture stalinienne d'une pleine page dans « Le Monde » du 7 janvier dernier, intitulé « l'évêque de la discorde ».
Sur la station de radio britannique BBC 4, un évêque, pourtant anglican, rappelait dernièrement que « le rôle d'un évêque est de proclamer la Vérité et de défendre la Foi ». Il va par conséquent de soi qu'un évêque digne de ce nom ne peut être qu'en « discorde » avec le « monde » au sens que donne à ce terme l'Evangile.
Les censeurs impénitents de l'Eglise s'imposent d'ailleurs à eux-même une auto-censure de tous les instants.
» Pour en savoir plus….
17 Déclaration faite en 2004 par Patrick LE LAY, Pdg de TF1, citée dans «On achète bien les cerveaux» de Marie BENILDE; Raisons d'agir, 2007.
18 Il n'est absolument pas question de nier le caractère abominable des actes de pédophilie commis par des prêtres, lesquels se doivent d'être des modèles de pureté pour les
laïcs. Il faut toutefois relever, d'une part, que rien de tel ne peut être reproché à l'écrasante majorité des prêtres et, d'autre part, que la plupart de ces crimes ont été perpétrés dans
les années durant lesquelles l'Eglise a connu un grand chambardement et où un puissant courant libertaire faisait sauter tous les tabous (cf les révélations autobiographiques
de Daniel COHN BENDIT et de Frédéric MITTERRAND, entre autres).
19 Conjointement avec Pierre BERGE et Xavier NIEL (v. «Le Monde du 4/11/10).
20 Cf «Le Monde» du 30/4/11.
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| III.2 - A l'Education nationale, règne désormais « l'ordre immoral ». |
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S'il est de nouveau question de l'Education nationale dans cette Lettre aux Elus, c'est parce qu'elle n'est
pas seulement une « fabrique de crétins21» mais qu'elle est devenue une immense station de lavage
des jeunes cerveaux.
C'est ce que démontre notamment Sophie COIGNARD, grand reporter à l'hebdomadaire « Le Point »,
dans son récent ouvrage intitulé « Le pacte immoral. Comment les élites sacrifient nos enfants »22.
Selon l'auteur, tout laisse à penser qu'un seul but est poursuivi : priver l'école de la mission pour laquelle
elle a été conçue - à savoir transmettre le plus de connaissances possible au plus grand nombre possible -
pour lui substituer celle de réformer les hommes et la société, selon les voeux d'un groupuscule
d'idéologues, ce qui, au passage, constitue un magistral déni de démocratie digne de systèmes totalitaires.
Alors qu'il se montre incapable de remplir sa mission et qu'il n'en a pas du reste la volonté, dixit S.
COIGNARD, « le mammouth », 6ème plus gros employeur au monde, viole les consciences des
élèves et bafoue les droits éducatifs des parents.
Ainsi en témoignent des mesures décidées dernièrement qui heurtent de front non seulement les
convictions d'une majorité de nos compatriotes et tout particulièrement celles des chrétiens, mais
violent de surcroît outrageusement les dispositions des articles suivants de la « Déclaration universelle
des droits de l'homme » de 1948.
» Pour en savoir plus…
III.2.A - La théorie du «Gender» (du «genre sexuel», en français)
L'enseignement de la théorie du « Gender » déjà présent au programme de Sciences Po Paris,
figurera l'an prochain dans les nouveaux programmes de SVT des classes de première. Cette théorie
émane d'un courant de pensée selon lequel la différenciation et l'orientation sexuelle ne sont pas
des données inscrites dans la nature même de l'individu depuis sa naissance mais résulteraient
d'un acquis culturel imposé par la société dans laquelle il grandit !
C'est donc la négation de l'identité de chaque être humain et de l'altérité naturelle des sexes puisqu'il s'agit
d'expliquer aux élèves que s'ils portent les marques distinctives de la virilité ou de la féminité, rien n'est
pour autant définitif; il leur appartiendrait dès lors de se déterminer selon leurs envies, elles-même
susceptibles de varier au cours de l'existence.
Cette affirmation idéologique, dénuée de tout fondement scientifique, constitue une dérive totalitaire qui inquiète à juste titre les catholiques qui y voient une rupture majeure avec la loi naturelle.
III.2.B - Propagande pro-avortement
Un jeune professeur d'Histoire-Géographie affecté dans un établissement secondaire de Manosque (département des Alpes-de-Haute-Provence) a tout récemment été révoqué pour un manquement impardonnable : il a organisé, comme l'ordonnent pourtant les directives en vigueur, un débat contradictoire sur l'avortement, en cours d'instruction civique.
Selon ses déclarations, les enseignants ne peuvent en réalité que parler positivement de l'avortement, en le présentant comme un progrès pour les femmes et un acte médical anodin ; Il aurait de ce fait considéré de son devoir de chrétien d'évoquer également l'autre facette de l'avortement : après avoir récité la vulgate officielle, à ceux de ses élèves de première qui le souhaitaient, il a fait visionner le documentaire intitulé « No need to argue » (Nul besoin d'argumenter) qui montre ce qu'est véritablement un avortement.
Dénoncé par deux collègues, partisans de l'organisation « Prochoix », il a fait rapidement - malgré une pétition de soutien de nombreux élèves - l'objet d'une procédure disciplinaire où les règles en vigueur en matière de défense ont été bafouées. Cette procédure s'est achevée par un acte d'accusation dressé par un Conseil de discipline haineux, dans lequel lui sont notamment reprochées ses positions trop proches de celles de l'Eglise catholique !
En revanche, le « Planning familial » est habilité à visiter les établissements secondaires pour s'y livrer à ce qui n'est que de la propagande pure et simple en faveur de l'avortement.
Or, le numéro du 29 juin dernier de l'hebdomadaire « L'Express » contenait un bref article intitulé « L'Europe en voie de désertification». On y lit notamment que « selon un rapport sur la natalité en Europe publié par la Rand Corporation, aucun des 27 pays de l'Union n'atteint aujourd'hui le taux de fertilité nécessaire pour assurer le renouvellement des générations, soit une moyenne de 2,1 enfants par femme».
Cette information n'est bien évidemment pas une révélation, mais elle confirme que les cocoricos du gouvernement sur « l'exception démographique française » ne sont qu'un leurre de plus, comme les très récentes lamentations officielles sur les chiffres de l'avortement chez les très jeunes filles, généralement d'origine européenne ; le Coran étant plus respecté que la Bible s'agissant notamment de cet interdit ...
III.2.C - « Le Pass-contraception » : un autre aller simple pour le terminus de la
nation française
En 2009, Mme Ségolène ROYAL, président de la région Poitou Charentes, avait initié le projet mais
s'était heurtée à l'opposition du ministre de l'Education Nationale et au refus de l'académie compétente
d'autoriser les proviseurs de lycée à distribuer le « pass ».
Depuis avril dernier, la région Ile-de-France a mis en place son « Pass santé contraception » ; ainsi, 159.000
jeunes âgés d'au moins 17 ans « pourraient en bénéficier », selon le communiqué du Conseil régional.
Pour justifier cette initiative, qui bafoue l'autorité des parents, croyants ou non - dans un domaine où, je
le répète, l'Etat n'a pas à s'immiscer - est mis en avant le fait que « plus de 13.200 IVG ont été réalisées
sur des mineures en 2006 »23. On déplore ainsi l'ampleur d'un phénomène que des spécialistes jugent
d'ailleurs sous-évalué, en feignant d'ignorer que l'avortement est présenté dans les établissements
scolaires comme un moyen contraceptif anodin (cf point précédent) .
21 Titre de l'ouvrage de Jean-Paul BRIGHELLI, agrégé, ancien trotskiste ; 2005 ; v.aussi liste ouvrages sur EN dans Lettre aux Elus n°6 du 14/10/10.
22 Albin Michel, 2011, dont la lecture est vivement conseillée...
23 Environ 15.000 en 2010, selon le Pr. Israël NISAND qui a coordonné les travaux du récent colloque « Les nouveaux enjeux de l'IVG en 2011 » (7/3/11, à Paris).
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| IV - LES DEVOIRS DES ELUS SOUCIEUX DU BIEN COMMUN |
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Est-il défendable que de certains élus tolèrent que sur le territoire où s'exerce leur mandat puissent être donnés des spectacles qui, outre qu'ils attentent aux bonnes moeurs, agressent délibérément les chrétiens et incitent à leur haine ?
Par ailleurs, l'endettement des départements et des régions pèse de plus en plus lourd sur les Français comme le prouvent des données récemment publiées : entre 2001 et 2009, l'endettement des départements a progressé de 58% et celui des régions a plus que doublé.
Est-il dès lors concevable que des départements ou des régions subventionnent de tels spectacles ?
Ainsi en Avignon, s'est tenue durant la récente période pascale, avec, non seulement le concours financier de la commune, celui du département, du Conseil Régional PACA et du Ministère de la culture, mais également du groupe LVMH, l'exposition24 « je crois aux miracles » dont « la pièce majeure » était la photo, due au ressortissant américain Andrès SERRANO - intitulée « Piss Christ » (le Christ dans la « pisse ») - d'un crucifix baignant dans un bocal rempli de l'urine de l' « artiste » !!
Il convient d'ajouter, d'une part, que cette exposition a été réalisée dans le cadre de la Fondation Lambert dont le budget de fonctionnement bénéficie des largesses de la commune et que, d'autre part, ladite fondation est hébergée dans un bâtiment prestigieux du XVIIIème siècle, propriété de la ville d'Avignon.
Dans « La cité des papes », on a de surcroît dernièrement récidivé avec le spectacle « Opéra-Théâtre » de CASTELLUCCI. Au cours des différents tableaux qui composent « l'oeuvre », l'on peut notamment voir des enfants lançant des grenades factices sur une photo géante du Christ, puis le visage du Seigneur trituré, déformé, avant qu'un voile noir ne l'occulte et qu'apparaisse sur le panneau final la phrase « You are not my shepherd » (Tu n'es pas mon berger25) !
A Clisson (Loire Atlantique) - là même où, le 24 janvier 1794, les « colonnes infernales » de TURREAU ont achevé d'exterminer hommes, femmes et enfants qui avaient pu échapper aux précédents massacres et ont brûlé les dernières maisons intactes26 - se tient depuis 2006, « Hellfest » (« la fête de l'enfer » en français), considéré comme le plus grand « festival » de « musique metal » de France. « Festival » parrainé, entre autres, par Kronenbourg, « la bière du bon goût français ».
» Pour en savoir plus…
24 Outre-atlantique, elle avait déclenché une telle indignation qu'elle avait été interdite non seulement aux Etats-Unis, mais également au Canada et en Australie.
25 Allusion évidente aux paroles du Christ «Je suis le bon berger ...».
26 V. histoire de Clisson dans Wikipedia et différents ouvrages traitant du génocide accompli dans le Nord-Ouest de la France. |
| V. CONCLUSION |
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En 2005, au moment où la République se préparait à célébrer en grandes pompes le centième anniversaire de la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat - loi voulue pour accélérer la déchristianisation de la France - de violentes émeutes ont éclaté dans ce qu'il est convenu d'appeler « les banlieues » ; c'est-à-dire des territoires où vivent en grand nombre des musulmans et dans lesquels les forces de l'ordre - de l'aveu de membres de la hiérarchie - renoncent aujourd'hui à pénétrer par crainte d'une insurrection27.
Ainsi, après avoir exclu la vraie religion de la vie publique, après avoir transformé toutes les institutions sociales - l'école notamment - en instruments de lutte contre le catholicisme, on laisse le champ libre à l'islam dont l'expansion est fulgurante dans notre pays. Selon les projections démographiques les plus récentes, un enfant qui naît aujourd'hui en France, devrait vraisemblablement, l'âge mûr atteint, vivre dans un environnement majoritairement musulman.
Or, nul ne peut nier la place centrale qu'a tenu, jusque dans les années soixante, le catholicisme en France.
C'est pourquoi, la décomposition rapide28 de notre société, frappée par la crise morale, intellectuelle et spirituelle la plus grave qu'ait traversé notre pays, démontre de manière magistrale que ce qui en est la cause majeure c'est l'actuel abaissement de l'Eglise.
Plus qu'aucune autre nation, la « fille aînée de l'Eglise » a un message particulier à faire passer ; lorsque l'on médite son passé, on se convainc que les moments de profond abaissement, comme ceux de redressement miraculeux qui ponctuent son histoire, concordent étonnamment avec son infidélité ou sa fidélité à sa vocation originelle illustrée de manière éclatante par les témoignages d'innombrables saints dont sainte Jeanne d'Arc.
Le redressement moral et économique de la France ne peut dès lors passer que par le redressement de l'Eglise.
L'espérance est, par excellence, une vertu chrétienne. Or, il existe des raisons d'espérer : il n'est que de songer aux Etats placés naguère sous le joug du totalitarisme marxiste-léniniste où prêtres et religieux étaient tués ou incarcérés, où les lieux de cultes étaient soit détruits, soit profanés et fermés et dont beaucoup pensaient que la religion chrétienne y serait éradiquée à tout jamais ...
Tel a été le sort, entre autres, de la Hongrie. Or, dans la nouvelle Constitution dont cet Etat-membre de l'U.E. vient de se doter, il est notamment énoncé que « depuis sa conception, la vie mérite d'être protégée comme un droit humain fondamental (....) et que le mariage, l'union de base la plus naturelle entre un homme et une femme, fondement de la famille » est protégé29.
De même, en Croatie, naguère membre de la République Fédérative Socialiste de Yougoslavie, où la pratique religieuse était dissuadée avec la plus grande vigilance, voit-on aujourd'hui des croix toutes neuves aux carrefours et des chapelets dans les autobus publics....
27 Cf l'article intitulé «Cité - Entrée interdite» publié dans «Valeurs actuelles» du 20/7/11
28 Cf l'ouvrage de Thierry DESJARDINS «La décomposition française»; Albin Michel; 2002.
29 V. «Le Monde» du 6/01/11.
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